Le succès des livraisons secoue la chaîne logistique

Le succès des livraisons secoue la chaîne logistique

Les livraisons à domicile sont plus populaires que jamais, et cette tendance concerne aussi le secteur alimentaire. L’explosion des livraisons à domicile a une énorme incidence sur la chaîne logistique ; de nouveaux acteurs assaillent le marché, tandis que les anciens se réinventent.

 

Pourquoi continuer à se donner la peine de se rendre au supermarché quand vos courses peuvent vous être livrées à domicile ? Les avantages pour le consommateur sont évidents : c’est bien plus facile, et il gagne du temps. Quant aux frais supplémentaires pour que ses courses soient livrées sur le pas de sa porte, il les accepte sans ciller. La tendance des livraisons de courses à domicile avait déjà progressé de façon remarquable, mais la pandémie de coronavirus lui a encore donné un grand coup d’accélérateur.

 

Les supermarchés hésitent

 

Malgré cette nette augmentation, nos supermarchés traditionnels ne se sont pas encore vraiment précipités sur la livraison de courses. Ils se contentent d’organiser des points de collecte et semblent observer de quel côté vient le vent. « Les supermarchés belges ne sont pas très enclins à investir massivement

dans un service de livraison à domicile, observe Steven Van Belleghem, expert en expérience client. À leurs yeux, le marché est encore trop réduit pour le moment et ils ne franchiront le pas que lorsque le projet de livraison sera rentable en lui-même. »

 

Cette hésitation représente un risque important : « Si les supermarchés ne prennent pas le train en marche au bon moment, ils risquent de se voir évincés par des acteurs étrangers comme le très populaire Gorillas. C’est exactement ce qui est arrivé dans le secteur du commerce électronique non alimentaire, avec pour résultat la domination actuelle de Bol.com et de Coolblue », selon Steven Van Belleghem.

 

Tout le monde y gagne

 

Le détaillant y trouve cependant aussi des avantages. Les achats en ligne créent en effet des possibilités de supprimer les moments de grande affluence dans les magasins, et donc aussi les pics pour leurs livraisons. Faire ses courses en ligne demande moins de temps au consommateur, cette activité n’est par conséquent plus nécessairement associée au traditionnel jour libre qu’est le samedi.

 

« Il est en effet vraiment important pour nous de créer cet étalement dans le temps, confirme Tom Malfroid de Collect & Go (Colruyt). Mais cela nécessite encore un changement de comportement majeur de la part des consommateurs. Il est frappant de constater que peu de personnes font leurs achats en ligne les jours creux, alors même que cela permet de recevoir la commande plus rapidement. Pour le moment, le samedi reste sacré. »

 

De plus, le consommateur attend une livraison extrêmement rapide, comme il en a l’habitude pour les commandes non alimentaires, par exemple via Bol.com. Les entreprises peuvent-elles offrir cette rapidité tout en continuant de garantir la meilleure qualité qui soit ? À l’heure actuelle, la réponse est « non ». Les produits alimentaires frais doivent être contrôlés, voire goûtés, en permanence, et éventuellement enlevés. Les attentes colossales que les géants bien connus du commerce électronique ont créées ne sont par conséquent pas réalistes dans ce secteur.

 

Tout miser sur le vert

 

Un autre défi de taille pour le marché des livraisons réside dans l’impact sur la mobilité. Les entrepôts classiques côtoient désormais de plus petits hubs urbains qui sont approvisionnés en permanence et d’où partent continûment des petits camions ou des coursiers. Les centres urbains se lamentent déjà face au nombre croissant de voitures et de camionnettes, et les services de livraison sentent peser sur leurs épaules une énorme pression afin qu’ils organisent le transport de façon écologique et efficace.

 

Avec leur impact limité sur le trafic dans les centres-villes, les coursiers à vélo sont pour l’heure l’exemple parfait de la logistique urbaine du futur. Pour eux, une camionnette diesel faisant du porte-à-porte est devenue impensable. Ce sont d’ailleurs eux qui donnent maintenant le bon exemple et réalisent les ambitions pour le dernier tronçon de la livraison en Belgique et aux Pays-Bas.

 

Vous voulez en savoir plus sur l’impact du commerce électronique sur la logistique alimentaire ? Téléchargez notre rapport de tendances sur la logistique alimentaire.

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